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Carleton Place, Ontario
Le 31 octobre 1919
Mademoiselle Christine Morton
Chère Mademoiselle Morton:
Depuis que nous avons amorcé notre travail il y a dix-neuf ans, nous avons seulement pu embaucher 2 femmes. Nous regrettons de ne pouvoir en embaucher davantage mais les conditions dans les camps ne le permettent pas. Cependant, nous avons récemment réfléchi à la possibilité d'embaucher des filles qui détiennent un diplôme universitaire pour travailler dans des usines industrielles. Si nous décidons de donner suite à cette idée, je vous convoquerai pour une entrevue à Carleton Place.
Donc, si nous mettions cette initiative sur pied, vous devriez travailler dans une usine durant la journée et enseigner disons 4 ou 5 soirs par semaine.
Dans l'attente d'une réponse de votre part.
ALFRED FITZPATRICIK
Directeur
La première femme qui fut en fait embauchée par Collège Frontière était Madame Alex Scott qui, en 1900, administrait une tente de lecture dans un camp de bûcherons près de Whitefish où son mari était contremaître. Ensuite, il faudra plus de 20 ans avant qu'une autre femme ne soit embauchée. Alfred Fitzpatrick semblait être, dans toutes ses déclarations, très encourageant envers la participation des femmes. Ceci ne signifie pas, cependant, qu'il était facile de trouver des places pour celles qui, comme Marjorie Wickwire, Miriam Chisholm ou Christine Morton désiraient se joindre au mouvement. Ce qui suit constitue une série d'échanges entre Collège Frontière et le premier groupe de femmes qui voulurent s'y joindre. Les lettres étaient destinées à Fitzpatrick et souvent, après 1922, à Jessie Lucas qui occupa le poste de registraire et secrétaire de Collège Frontière. Pendant les 43 années qui suivirent, ce fut elle qui, selon certains, assura la cohésion de l'ensemble de l'organisation.
Les débuts de Collège Frontière
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